Face au froid et à l’indécence, les locataires préparent une grève des loyers
Ce lundi 12 janvier à 18h45 dans le 1er arrondissement de Lyon, 20 locataires de logements passoires ouvrent leur porte pour montrer l’indécence de leur appartement. Ils accueillent le député Boris Tavernier pour une visite publique de l’immeuble. Photos, témoignages, récits d’anciens et d’actuels locataires : ce que vivent les habitants sera rendu visible, documenté, impossible à ignorer.
Appartements glacials, humidité permanente, moisissures envahissantes, installations électriques dangereuses, fenêtres vétustes, murs et plafonds délabrés, loyers ne respectant pas l’encadrement... Derrière ces abus, un seul propriétaire: Maurice Azoulay, bailleur d’au moins 48 logements à Lyon… et déjà dans le collimateur des services municipaux pour manquement à ses obligations de fournir un logement décent.
Jessy, Amjad, Mickael, Paul, Eve, Lison, Emilio et d’autres locataires ont découvert que leur bailleur Maurice Azoulay, possède aussi 2 immeubles à Villeurbanne présentant des états similaires, voire pires. Ils ont rencontré d’anciens locataires, prêts à témoigner de pratiques abusives répétées. Le propriétaire contourne régulièrement l’agence responsable de ses immeubles afin d’économiser sur les travaux demandés par les locataires. Cela a conduit au changement de trois agences en seulement cinq ans. Réunis au sein du syndicat Locataires Ensemble, les locataires ont engagé des démarches auprès de la Mairie. Aujourd’hui, ils lancent l’alerte publiquement, et appellent la municipalité et les responsables politiques à intervenir pour faire respecter leurs droits et leur dignité.
Le nouveau calcul du DPE qui permet au propriétaire d’augmenter les loyers dans des logements passoires
Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle loi est entrée en vigueur, modifiant le mode de calcul du DPE au bénéfice des propriétaires bailleurs. Ainsi, un logement classé F en 2025 peut désormais passer en E en 2026, sans aucun travaux. C’est le cas de l’appartement loué par Mickaël et Paul : initialement soumis au gel des loyers en raison de sa classification F, il échappe désormais à cette mesure. Grâce à ce nouveau calcul, leur propriétaire, Monsieur Azoulay, peut augmenter le loyer à la date anniversaire du bail, uniquement parce que les règles ont changé, et non parce que les conditions de vie se sont améliorées. Un cas local qui montre les problèmes de ce nouveau calcul du DPE en faveur des bailleurs.
“Un droit de grève des loyers dans les passoires pour sortir de l’impuissance”
Maurice Azoulay incarne un marché locatif privé accaparé par des multipropriétaires : 3,5 % des bailleurs possèdent 50 % des logements. “La loi doit protéger la dignité et la santé des locataires, pas les profits des rentiers des passoires thermiques”, déclare Salim Poussin, président des Locataires Ensemble. “Ce qu’on demande c’est un vrai droit de grève des loyers dans les logements indécents pour sortir de l’impuissance face aux bailleurs qui abusent”.

