Action Justice Climat Lyon et Locataires Ensemble répondent aux accusations formulées par Cœur Lyonnais dans un communiqué publié le 7 février 2026, accusant ces associations d’utilisation illégale de fonds publics à des fins électorales. Ce sont des accusations graves, des informations factuellement fausses et une instrumentalisation politique visant à délégitimer l’action associative et l’expression citoyenne.
Action Justice Climat Lyon (ex Alternatiba Rhône) et Locataires Ensemble sont des acteurs associatifs engagés de la société lyonnaise sur des enjeux d’intérêt public : écologie, justice sociale et droits des locataires. Nous menons aujourd’hui une campagne commune, apartisane, visant à alerter sur le projet politique de Cœur Lyonnais, en contradiction avec les enjeux sociaux, économiques et écologiques que nous défendons. Aucune de nos organisations ne soutient un candidat en particulier : nous travaillons avec toutes celles et ceux qui souhaitent faire avancer les logiques que nous portons.
Cœur Lyonnais accuse des associations écologistes, dont Alternatiba — ancien réseau d’Action Justice Climat Lyon, quitté en 2024 — d’avoir perçu des « dizaines de milliers d’euros » qui seraient aujourd’hui détournés pour une utilisation illégale à des fins électorales, allant jusqu’à qualifier nos associations de « caisse noire politique aux exécutifs écologistes sortants ».
Rétablissons les faits.
Action Justice Climat Lyon a perçu 1 000 € de subvention en 2025 de la mairie du 1er arrondissement pour des formations de sensibilisation aux VHSS (violences et harcèlements sexistes et sexuels) à l’AlternatiBar, notre bar associatif. En 2023, nous avons perçu 3 000 € pour le financement de services civiques à l’AlternatiBar, dédiés à la programmation du lieu, à la communication des événements et à la gestion des bénévoles. La même année, nous avons également perçu 5 000 € de subvention de la Ville de Lyon pour l’organisation d’un événement de trois jours au CCO La Rayonne, consacré à la sensibilisation aux enjeux climatiques et à la justice sociale, incluant des concerts. La majorité de ce financement a été utilisée pour rémunérer des prestataires locaux et des artistes.
Ces subventions représentent une part mineure de notre chiffre d'affaires annuel d’environ 100 000 €, issu principalement des recettes de notre bar militant et des dons de nos sympathisant·es, dont la majeure partie vise à couvrir les dépenses de fonctionnement du lieu.
Locataires Ensemble ne perçoit aucune subvention publique.
Les élu·es de la droite lyonnaise aiment également citer une subvention de 56 000 € accordée en 2022 pour le Festival Alternatiba, qui devait se tenir au parc de Miribel et a été annulé pour des raisons économiques. Cette subvention a été perçue par la structure nationale d’Alternatiba, entité juridique distincte du groupe local Alternatiba Rhône,maintenant Action Justice Climat Lyon, qui n’a jamais été bénéficiaire de ces financements et n’a jamais perçu les montants évoqués.
Conformément à la loi, seuls les frais déjà engagés par la structure nationale n’ont pas été remboursés, principalement auprès de prestataires locaux, ces fonds ont donc finalement été réinjectés dans l’économie locale.
Faire croire que nos associations auraient perçu des « dizaines de milliers d’euros » relève d’un amalgame volontaire et d’une désinformation manifeste.
La loi de 1901 garantit aux associations la liberté d’expression et d’action citoyenne. Une association a pleinement le droit de prendre position sur des enjeux d’intérêt général, de critiquer des projets politiques et d’interpeller des responsables publics, sans que cela ne constitue un financement de campagne électorale. Les subventions publiques sont attribuées pour des projets précis, affectées à des objets définis et soumises à des règles strictes de traçabilité. Assimiler l’expression citoyenne d’une association à un usage illégal de fonds publics relève d’une confusion juridique infondée.
Cœur Lyonnais connaît-il bien la loi ?
L’objectif de Cœur Lyonnais n’est ici, bien évidemment, pas un souci de veiller à la bonne utilisation des subventions publiques mais s’inscrit dans une logique de disqualification du monde associatif engagé. En diffusant des accusations graves, non étayées par des éléments factuels ou juridiques, ce groupe privilégie l’intimidation politique et la diffamation au détriment du débat démocratique. Assimiler l’engagement citoyen à des pratiques illégales constitue une dérive préoccupante pour la vie démocratique locale et pour l’engagement citoyen.
Face à la gravité de ces accusations, nous étudions nos possibilités de riposte juridique. En attendant, nous mettons solennellement au défi Cœur Lyonnais d’aller au bout de leurs menaces et de saisir la justice. La « campagne de caniveau » n’est pas la nôtre.

