PORTE-OUVERTE SUR LES LOGEMENTS INDECENTS : LES LOCATAIRES ALERTENT SUR LES DANGERS POUR LEUR SANTE ET RECLAMENT L'EXPROPRIATION DE LEUR BAILLEUR RECIDIVISTE

· COMMUNIQUE DE PRESSE,GRAND LYON,LOGEMENTS MALADES

Porte-ouverte sur les logements indécents : les locataires alertent sur les dangers pour leur santé et réclament l’expropriation de leur bailleur

Ce vendredi 5 juin à 15h45 à Villeurbanne, les locataires de 18 logements appartenant à Maurice Azoulay ouvrent leur porte au député Gabriel Amard et aux services de la Ville pour faire constater l’indécence de leurs logements. Après des années de signalements restés sans effet, ils demandent aux pouvoirs publics de protéger leur santé en expropriant leur bailleur.

Victor, Karine, Adèle, Gwenaelle et leurs voisins, réunis au sein du syndicat Locataires Ensemble, organisent une visite de leurs logements par le député Gabriel Amard et les services municipaux pour faire constater les conditions indignes et dangereuses dans lesquelles ils vivent : appartements bouilloires en été et passoires en hiver, humidité permanente, moisissures, installations électriques dangereuses, fenêtres vétustes laissant passer l’air et l’eau, concentration en plomb dans l’eau quatre fois supérieure à la limite réglementaire autorisée.

Les infractions aux règles de salubrité sont nombreuses et connues depuis longtemps. Les premiers signalements à la Ville remontent à 2023. Malgré cela, les locataires dénoncent des interventions insuffisantes et des travaux « cache-misère » réalisés par le propriétaire lui-même.

« Cela fait des années que nous alertons sur l’état de nos logements et sur les conséquences pour notre santé. Nous avons encore envoyé un courrier collectif le 22 janvier, et une mise en demeure le 5 mai. Quand un propriétaire met durablement en danger la santé de ses locataires et refuse d’assumer ses responsabilités, les pouvoirs publics doivent intervenir », explique un des locataires.

Un bailleur récidiviste : 4 agences immobilières ont mis fin à leur mandat en 5 ans

Derrière cette situation se trouve un propriétaire : Maurice Azoulay, 81 ans, bailleur de 60 logements dans la métropole de Lyon. D’autres de ses locataires, habitant au 7 rue de la Vieille, vivent dans les mêmes conditions indécentes et s’étaient déjà mobilisés en janvier de cette année en menaçant de faire une grève des loyers si le bailleur n'agissait pas réellement.

Même les agences immobilières ne veulent plus travailler avec ce bailleur ingérable : en cinq ans, quatre d’entre elles ont mis fin à leur mandat de gestion. La dernière en date, la Régie Dervault, a annoncé le 13 mai 2026 qu’elle ne pouvait plus poursuivre sa mission « dans un cadre satisfaisant ».

Un travail législatif pour faciliter l’expropriation des bailleurs défaillants

Pour mettre fin à ces situations dangereuses, l’équipe juridique de Locataires Ensemble remettra au député Gabriel Amard un travail législatif pour introduire un article additionnel après l’article L. 126-33 du code de la construction et de l’habitation :

I. – Lorsqu’un logement classé F ou G au titre du diagnostic de performance énergétique fait l’objet d’un refus ou d’une carence manifeste du propriétaire à engager les travaux nécessaires pour atteindre au minimum la classe E dans un délai de 2 ans à compter de la notification d’obligation de rénovation, la puissance publique peut en organiser le rachat prioritaire par un organisme de logement social.

II. – Cette procédure de rachat est déclenchée par la préfecture, après mise en demeure restée infructueuse pendant 12 mois, et sur proposition de la commune ou de l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) compétent en matière d’habitat.

III. – Le prix de cession est fixé par les services fiscaux sur la base de la valeur vénale du bien, diminuée d’un abattement lié à sa non-conformité énergétique.