TIFO GEANT SUR UNE BARRE DE LOGEMENTS BOUILLOIRES : LES LOCATAIRES RECLAMENT LE DROIT DE FAIRE EUX-MEMES LES RENOVATIONS

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TIFO GEANT SUR UNE BARRE DE LOGEMENTS BOUILLOIRES : LES LOCATAIRES RECLAMENT LE DROIT DE FAIRE EUX-MEMES LES RENOVATIONS

Privés de stores par leurbailleur alors que leurs logements surchauffent chaque été, des locataires de la barre rue du Lac à Lyon installent eux-mêmes des protections solaires et interpellent les élus et leur bailleur la CFL - Crédit Agricole Immobilier sur leur droit à la régulation de chaleur.

Ce lundi 22 juin après-midi, premier jour de l’été marqué d’une nouvelle canicule, une partie des 250 habitants de la barre du 1-3-5-7-9 rue du Lac à Lyon finissent de percer le béton, fixer des câbles et installer des protections solaires sur lesquelles chacun a pris soin de peindre une lettre au préalable. Une fois déployées, les pare-soleils réguleront un peu la chaleur et enverront un message sur la façade visible de loin : « Insécurité Climatique, Mon droit d’rénov, art 1331-33… ». Au pied de la barre, les porte-paroles présentent l’enquête réalisée sur leur bailleur la CFL propriétaire de 400 logements bouilloires en infraction avec l’obligation de régulation de chaleur stipulée dans le Code de Santé publique et interpellent les adjoints au Maire de Lyon en charge logement qu’ils ont invité pour admirer leur œuvre et répondre à leurs demandes de mieux faire respecter le code de santé publique.

La mobilisation a été initiée par Daphné Rozet, une aide-soignante locataire d’un T1 au 12e et membre des Locataires Ensemble après un nouveau refus de la CFL à la demande de mise en conformité de son logement sur le « système de régulation de chaleur fonctionnel et suffisant » (art. R1331-33 du Code de la santé publique en vigueur depuis fin 2023 et peu appliqué). A la suite d’un diagnostic réalisé par les thermiciens de TeZeLoMa, elle demandait un brasseur d’air plafonnier pour assurer la ventilation de son logement non-traversant et la réinstallation des stores présents à l’origine, non renouvelés par la CFL pour faire des économies (alors qu’ils sont présents et renouvelés régulièrement sur les étages inférieurs où les logements sont détenus par le bailleur public de la ville de Lyon SacVL). Un groupe WhatApp a permis la coordination entre voisins et avec d’autres locataires CFL membres des Locataires Ensemble.

L’année passée, des dizaines de locataires de la CFL avaient déjà demandé la pose de jalousies, de brasseurs d’air ou de stores dans le 1er arrondissement. Un seul immeuble rue Lanterne a eu gain de cause avec des occultants installés sur toutes les fenêtres à l’occasion d’une rénovation globale. Le rapport d’enquête réalisé par Locataires Ensemble et Zéro Logement Malade recense 400 logements bouilloires avec 1441 fenêtres sans protection solaires parmi les 1800 détenus par la CFL à travers ses 74 SCI. Une entreprise de jalousies du Rhône estime à 1,5 millions € et 7 à 8 mois le chantier pour protéger du rayonnement tous les logements recensés. Les revenus immobiliers de la CFL ont amené 5,9% de rentabilité et un dividende de 29,9 millions € reversés en 2025 au Crédit Agricole Centre Est immobilier, l’actionnaire unique.

« L’injustice climatique, c’est subir le réchauffement sans pouvoir s’en protéger, c’est ce qu’on subit dans la barre rue du Lac, dit Daphné Rozet. Aujourd’hui, on rénove nous-même malgré l’interdiction qui nous est faite ». « J’ai investi près de 1 000 euros moi-même pour me protéger : store, rideaux, climatiseur mobile, ventilateur de plafond, explique Romain Vallet, autre locataire CFL, mais je réalise que ces dépenses pourraient être déduites du loyer, moyennant factures, car la régulation de chaleur est une responsabilité du bailleur ». « L’habitabilité doit prévaloir sur la rentabilité, affirme Salim Poussin, président des Locataires Ensemble. Face l’inaction des bailleurs des bouilloires, instaurons « Mon Droit d’Renov’ », des petits travaux de protection thermique réalisés par les locataires et déduits des loyers ».